mardi 18 août 2015

AU SUJET DES MEDICAMENTS !


Le médicament, une denrée spéculative ?



D’après la plupart des observateurs, la pénurie de médicaments actuelle serait essentiellement due aux laboratoires fabricants qui limitent le nombre de boîtes livrées aux distributeurs, afin d’éviter qu’ils ne les revendent à l’étranger avec des marges supérieures à celles dont ils bénéficient en France, protégeant ainsi leur propre marché extérieur.


Les ruptures de stock de médicaments dans les pharmacies sont de plus en plus fréquentes.
Sensible dès 2008, ce problème devient préoccupant aujourd’hui, et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) estime que depuis cette date, le nombre de médicaments manquants a été multiplié par 10. En avril 2013, l’Académie nationale de pharmacie s’en est préoccupée et a édité un rapport sur le sujet, considérant que les ruptures de stock et d’approvisionnement des médicaments « étaient largement la conséquence de facteurs économiques mondiaux, conduisant soit à une rupture de disponibilité des médicaments chez le fabricant (rupture de stock), soit à une rupture dans la chaîne d’approvisionnement rendant momentanément impossible pour le pharmacien […] de disposer du produit en vue de la délivrance au patient (rupture d’approvisionnement) », et fait quelques recommandations.

La lecture de ce rapport nous apprend également que 14 % des ruptures de stock de médicaments auraient pour origine une difficulté d’approvisionnement en matières premières à usage pharmaceutique, car 60 à 80 % des matières actives sont fabriquées principalement en Inde et en Asie, contre 20 % il y a 30 ans, et qu’ainsi « par le jeu combiné de la mondialisation, de la crise économique et de l’augmentation des exigences réglementaires, on assiste à l’abandon de fabrication de matières actives à usage pharmaceutique tombées dans le domaine public, mais toujours très utiles à la santé publique ».
Cependant, si 14 % des ruptures de stock sont liées à des difficultés d’approvisionnement en matières premières, on peut considérer que plus de 80 % sont donc liées soit à des problèmes de fabrication (parfois), soit à des problèmes de distribution (le plus souvent).

D’après la plupart des observateurs, la pénurie de médicaments actuelle serait essentiellement due aux laboratoires fabricants qui limitent le nombre de boîtes livrées aux distributeurs, afin d’éviter qu’ils ne les revendent à l’étranger avec des marges supérieures à celles dont ils bénéficient en France, protégeant ainsi leur propre marché extérieur.
 
Il ne s’agirait donc que d’une basse manœuvre commerciale destinée à enrichir les intermédiaires et les fournisseurs. Peu importe l’intérêt du malade !

Si l’on peut accepter de telles stratégies commerciales dans d’autres domaines économiques, il est difficile de l’accepter dans le domaine de la santé où la pénurie de certains médicaments peut nuire gravement au malade.
 
Il faut se souvenir que l’industrie pharmaceutique est avant tout une entreprise commerciale, destinée à produire des profits et des dividendes, quel que soit son domaine d’intervention.
Mais il est regrettable que dans le domaine de la santé, la législation ne l’oblige pas à respecter certaines règles, et un minimum de déontologie auxquels sont astreints tous les autres professionnels.
 
Faut-il y voir un effet de sa puissance qui lui permet de se jouer des règles que l’on impose aux autres ?
Ce n’est pas impossible. Le gouvernement nous promet de prendre des mesures pour assurer la disponibilité des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (et pour les autres ?).
 
Affaire à suivre !


 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire