Christiane Taubira use son personnel comme personne. Un coup d’œil au trombinoscope de ses collaborateurs montre qu’on passe dans ses bureaux en coup de vent.
Depuis le 16 avril dernier, Christiane Taubira n’a plus de directeur de cabinet.
Gilles Le Chatelier, troisième en date, ayant comme ses deux prédécesseurs repris sa liberté.
Et s’agissant de Taubira, ce n’est pas un vain mot.
Le cinglant ministre de la Justice lorgnait, pour le remplacer, sur un brillant haut fonctionnaire, Alain Christnacht, actuellement président de la IXe sous-section du contentieux du Conseil d’État. À en croire Mediapart, ce monsieur vient de refuser la promotion.
À 68 ans, il tient sans doute à finir sa carrière tranquillement, sans risquer chaque matin l’infarctus.
Il faut dire que Christiane Taubira use son personnel comme personne.
Un coup d’œil au trombinoscope de ses collaborateurs montre qu’on passe dans ses bureaux en coup de vent.
En mars 2013, déjà, soit moins d’un an après l’arrivée de François Hollande au pouvoir, on pouvait lire dans L’Express : « Qu’arrive-t-il à l’équipe de Christiane Taubira ?
Son ministère est en voie de désertification ; il se vide à un rythme effréné habituellement caractéristique des fins de règne. »
La liste des partants est en effet parlante : en janvier Valérie Sagant, chargée des politiques publiques et pénales. Elle est suivie de Jean-François Beynel, directeur adjoint, puis du conseiller diplomatique Michel Debacq.
En mars, ce sont Christian Vigouroux, directeur de cabinet, et Jean-Louis Géraud, chef de cabinet.
Tous reprochent au ministre de négliger le boulot quotidien au seul profit de sa communication personnelle : elle préfère ainsi répéter les discours enflammés qu’elle prononcera devant l’Assemblée plutôt que signer le courrier.
Les parapheurs s’entassent, on attend vainement qu’elle apparaisse dans son ministère.
Et puis elle a mis dans son équipe rapprochée – celle qu’on surnomme « Les Guyanais »– son propre compagnon Jean-François Boutet. Ce « conseiller spécial » (c’est son titre) l’est en effet dans la mesure où il « détient une charge d’avocat près la Cour de cassation et le Conseil d’État.
Autrement dit, il appartient au petit nombre de ces juristes habilités à plaider devant ces juridictions. »
Or, il n’a pas renoncé à ses fonctions, ce qui en chatouille certains du côté de la déontologie.
Christiane Taubira exigeant d’avoir une femme à ses côtés, c’est Christine Maugüé, elle aussi membre du Conseil d’État, qui remplace Christian Vigouroux. Puis s’en va, remplacée par Le Chatelier. Qui s’en va…
Au fil des mois, tous se débinent. À tel point que, depuis deux mois, le poste de « dircab » est toujours désespérément vacant. Et toujours pour les mêmes raisons.
Fin mai, Le Canard enchaîné titre son papier: « Le cabinet de Taubira réduit en esclavage. »
On y lit que « le découragement gagne les troupes, et pas mal de collaborateurs planifient leur départ ».
Un « conseiller lessivé » fait cette confidence : « On navigue au jour le jour, en roue libre, aucune décision n’est prise, les gens bossent comme des chiens, quinze heures par jour, mais sans consigne, sans direction et sans que rien ne soit tranché. Quant à Taubira, elle vibrionne, s’absente de plus en plus et, quand elle est là, elle hurle sur tout le monde… »
Les collègues ont beau démentir le lendemain dans Les Inrocks et poser tout sourire pour la photo de groupe, quelque chose nous dit que le portrait de Christiane Taubira est sûrement proche de la vérité.
Toutefois, ce qui les a le plus choqués, disent-ils, c’est le titre sur l’esclavage « alors que la ministre a donné son nom à une loi mémorielle sur l’esclavage ».
Marie Delarue aujourd'hui sur Bld Voltaire

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire