C'est ainsi que Nicolas Bay, désormais tout nouveau secrétaire
général du FN, saluait la "pensée" de Madame.
C'était il y a 11 ans :
Nicolas Bay, étiqueté MNR, l'affrontait alors aux régionales, en Ile-de-France.
Et, "en dehors d’être la fille de son père", il trouvait "les
qualités politiques du personnage limitées". Mais ça, c'était avant. Quand
la guerre avec les mégrétistes faisait rage...
Le Front national est, au fond, un parti comme les autres. Bien qu’il s’en
défende.
On peut avoir prononcé un jour des jugements définitifs sur la famille
Le Pen, sur le père comme sur la fille, et se retrouver quelques années plus
tard au sommet du parti.
Comme à l’UMP où, après avoir promis un « croc
de boucher » à l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin,
Nicolas Sarkozy lui déroule désormais le tapis rouge et l’appelle à siéger à
ses côtés.
Ces chemins tortueux-là, Nicolas Bay, le tout nouveau
secrétaire général du parti frontiste, 36 ans et bien sous tous rapports,
élégant et souriant comme il sied aujourd’hui à tout cadre ambitieux du Front
national, les a parcouru.
Il y a 11 ans, en 2004, le jeune militant se lançait dans l’arène publique sous les couleurs du MNR (Mouvement national républicain) dirigé par Bruno Mégret poussé en dehors du Front national quelques années plus tôt par Jean-Marie Le Pen pour « félonie ».
Il y a 11 ans, en 2004, le jeune militant se lançait dans l’arène publique sous les couleurs du MNR (Mouvement national républicain) dirigé par Bruno Mégret poussé en dehors du Front national quelques années plus tôt par Jean-Marie Le Pen pour « félonie ».
Après avoir démarré sa vie militante à 15 ans
en adhérant au Front national, il avait rejoint « le félon » donc,
puis avait rapidement grimpé les échelons du nouveau parti.
Cette année-là, il prenait ainsi la tête de la liste du MNR concourant aux élections régionales en Ile-de-France.
Cette année-là, il prenait ainsi la tête de la liste du MNR concourant aux élections régionales en Ile-de-France.
En face de lui, Marine Le Pen
participait elle aussi à la campagne, sous les couleurs du Front national. La
rivalité entre les deux partis d’extrême droite était féroce.
De son côté
Marine Le Pen feignait d’ignorer son challenger : « Nicolas
Bay ? Ah oui, celui qui a fait 1 % aux dernières
législatives ! »
Nicolas Bay, lui, en revanche, ne retenait pas ses coups.
Nicolas Bay, lui, en revanche, ne retenait pas ses coups.
Grâce aux archives de
l’INA (Institut national de l’audiovisuel), nous avons retrouvé quelques
interviewés gratinées du jeune candidat élégant.
Ses propos sur le Front
national et le patriarche Jean-Marie Le Pen sont en effet fort peu
amènes : « Moi, je ne ris pas des calembours douteux et des
jeux de mots sur les personnes qui ont souffert. Moi, je ne me complais pas
dans le ringardisme. »
Il poursuit, remonté comme une pendule, mettant en
pièce les positons du Front national sur l’Europe, qui déjà, militait pour en
sortir. « Je ne pense pas qu’il faut sortir de l’Europe dans le quart
d’heure qui suit. » On se demanderait presque comment il peut
aujourd’hui défendre le programme de Marine Le Pen…
Marine Le Pen et ses convictions justement, en
prennent alors pour leur grade
« Marine Le Pen lit le programme
qu’on lui a préparé. Je n’ai rien de commun avec la fille de Monsieur Le Pen
qui est le Tanguy du FN,
vous savez ce film qui raconte l’histoire d’un jeune
homme qui, à 30 ans passés, se refuse à quitter le cocon familial. Marine Le
Pen, c’est un peu ça. A 36 ans, elle habite le château de Saint-Cloud, elle est
payée par le FN et son mari est payé par son beau-père. Ces gens-là ne sont pas
en phase avec les Franciliens. »
Plus sévère encore, quelques jours plus tard, il attaque sa future présidente sur ses capacités politiques. « Quand on discute avec les gens sur le marché, on s’aperçoit que Marine Le Pen, en dehors d’être la fille de son père, objectivement, les qualités politiques du personnage sont limitées. » Et d’ajouter que Marine Le Pen, « c’est même le vide doctrinal sidéral ». Pas très visionnaire le futur secrétaire général du parti...
Plus sévère encore, quelques jours plus tard, il attaque sa future présidente sur ses capacités politiques. « Quand on discute avec les gens sur le marché, on s’aperçoit que Marine Le Pen, en dehors d’être la fille de son père, objectivement, les qualités politiques du personnage sont limitées. » Et d’ajouter que Marine Le Pen, « c’est même le vide doctrinal sidéral ». Pas très visionnaire le futur secrétaire général du parti...
On aimerait avoir pu assister à l’explication de gravure entre ces
deux-là, le jour où ils ont décidé de reprendre cause commune.
Nicolas Bay a dû faire preuve d’un sens du compromis hors du commun.
Certes il
n’avait alors que 26 ans et s’est sans doute laissé emporter par la fougue
propre aux jeunes gens. Et la compétition électorale battait son plein.
Mais il
est des phrases qui laissent des traces, et pas seulement dans la mémoire de
ceux qui ont été visés.
Sur Internet par exemple...



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