lundi 1 juin 2015

OPERATION " CLARIFICATION " AU FRONT NATIONAL .

Nul n’ignore les tensions entre le clan Philippot et le clan Marion.
Marine Le Pen ne pourra pas indéfiniment faire le grand écart.

 
Que se passe-t-il au Front national ?
 
L’observateur extérieur, qui s’intéresse à tout ce qui peut contribuer à la recomposition d’une droite de conviction, s’interroge en apprenant que certaines figures historiques du mouvement sont peu à peu mises à l’écart.
Écarter Jean-Marie Le Pen était une nécessité absolue pour débarrasser le parti d’un encombrant trublion dont les propos provocateurs n’ont cessé de nuire au mouvement patriote. Marine Le Pen a bien fait, et en tirera sans doute le bénéfice dans l’avenir.
Cette décision difficile mais nécessaire semble désormais acquise.
Mais pourquoi s’acharner à purger Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, certes fidèles au vieux chef, mais dont la loyauté à sa fille n’est pas discutable ?

Si la seconde est relativement peu connue en dehors du Front national, le premier en est un dirigeant historique.
Député européen, conseiller régional, ancien dauphin de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch représente la frange catholique traditionnelle du parti, sans outrance ni le moindre dérapage.

L’entendre débattre avec des adversaires donne l’occasion d’écouter un homme dont le propos est toujours courtois, les termes mesurés, la parole claire au service de convictions bien ancrées.
Lors de la campagne pour la présidence du parti, il s’est distingué – en dépit des nombreuses avanies subies par son camp – par sa volonté de considérer Marine Le Pen comme une compétitrice et non comme une adversaire.
Et lorsque cette dernière a emporté haut la main la présidence, il a aussitôt manifesté sa totale confiance à celle que les militants lui avaient préférée.

Pourtant, il vient d’être « débarqué » brutalement de la commission des conflits. Quant à Marie-Christine Arnautu, qu’on a vue soutenir Jean-Marie Le Pen lorsqu’il a déposé une gerbe au pied de la statue de Jeanne d’Arc le 1er mai dernier, elle se trouve privée de sa place au sein de la commission d’investiture.

L’influence de Florian Philippot au sein des instances dirigeantes du parti est évidente.
 
Certains y voient le mauvais génie de Marine Le Pen qui se reposerait sur lui pour toutes les décisions importantes.
 
L’homme n’est pas très sympathique, et surtout ne passe pas pour un homme de droite

 
Or, le Front national est un parti de droite, incontestablement.
Son histoire, son discours, son programme le montrent.
Sauf, et c’est là le paradoxe, en matière économique.
Parler de « mélenchonisation » du parti semble exagéré.
Mais la chasse aux électeurs de gauche, déçus du PCF et du PS, montrera vite ses limites.

Reste la « Petite », Marion Maréchal-Le Pen.
Étoile montante du mouvement à laquelle Valeurs actuelles consacre son numéro de cette semaine, elle trace sa route sans se soucier des ennemis – nombreux – que lui valent ses convictions conservatrices, identitaires et libérales.
Sa jeunesse et son sourire lui valent la sympathie de nombreux adversaires, et sa popularité (40 % de la population en a une bonne opinion) ne cesse de grimper.
Elle a réussi jusque-là un sans-faute. Participant aux Manifs pour tous dont sa tante Marine était hélas absente, elle s’est imposée dans son département du Vaucluse comme le chef incontesté.
Ouverte au dialogue avec tous, elle sera dans quelques années une interlocutrice incontestable pour tous ceux qui, de l’extérieur, voudront approcher un parti qui les fascine et les inquiète.
Et si elle a jusque-là échappé au mouvement de purge, c’est sans doute – outre son nom – à cause de cette popularité qui rendrait dangereux de l’écarter, au risque d’éloigner nombre d’électeurs.

Une clarification s’impose dans les mois qui suivent. 7
Nul n’ignore les tensions entre le clan Philippot et le clan Marion.
Marine Le Pen ne pourra pas indéfiniment faire le grand écart.
Reste à savoir si elle comprendra que le Front national ne peut fédérer la vraie droite française qu’à condition que son discours soit cohérent avec les attentes de ses électeurs.
 
François Teutsch via Bld Voltaire

 

 

.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire