Arles : une cinquantaine de
« jeunes » agressent deux policiers
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Ce qui est
remarquable dans cette affaire, c’est la manière dont les faits sont narrés par
la presse.
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La presse est
unanime.
À la virgule et au guillemet près, elle reprend en chœur la même
présentation d’un fait divers qui doit être, à leurs yeux, moins important que
le foot, les propos nauséabonds de Morano ou, bien sûr, le coming out d’un
prélat romain.
Rien de grave, juste un incident dans une banlieue d’Arles.
La presse donc,
qui titre (typographie respectée par Boulevard Voltaire) « Arles :
“guet-apens” contre deux policiers » (Le Figaro), « Arles :
deux policiers blessés dans un “guet-apens” dans une cité » (Le
Parisien), « Arles : un “guet-apens” tendu à deux
policiers » (Le Dauphiné et les DNA), et ainsi de suite.
Même le site Fdesouche reprend cette typographie. Le texte de l’article
vient directement des ordinateurs de l’AFP.
Seuls quelques sites, comme Atlantico
ou, de manière plus surprenante, FranceBleu.fr, titrent sans guillemets
et rédigent leur propre article.
Ce qui s’est passé
à Arles dimanche soir est malheureusement banal : des policiers de la BAC
violemment pris à partie par une bande de délinquants alors qu’ils
intervenaient sur un incendie de voiture en appui à leurs collègues de police
secours.
Deux d’entre eux ont été agressés et ont dû se battre à mains nues, ce
qui leur a valu d’être blessés.
Leur véhicule a été brûlé.
On vous le disait,
des faits très banals. Hélas !
Ce qui est
remarquable dans cette affaire, c’est la manière dont les faits sont narrés par
la presse.
L’usage des guillemets dans le titre a pour effet immédiat de jeter
le soupçon sur la réalité du guet-apens.
Si le mot est entre guillemets, c’est
qu’il doit être pris avec précaution.
Il ne correspond pas nécessairement à la
vérité, et le journaliste ne le reprend pas à son compte.
L’AFP utilise
les guillemets, donc la presse lui emboîte le pas puisqu’elle achète son
article et n’y change pas une virgule.
On voit comment est faite l’information.
La seconde
particularité – habituelle – de cet article, c’est qu’à aucun moment les « jeunes » ne
sont décrits.
On imagine volontiers qu’aucun journaliste ne s’en est approché.
Cela n’empêche qu’une petite enquête de voisinage, ou auprès des policiers,
permettrait d’en savoir plus.
Il s’agit peut-être de jeunes bourgeois
désœuvrés, entre deux soirées d’école de commerce et la messe du
dimanche ; de hordes fascisantes identitaires, du genre à dérouler des
banderoles sur les lieux publics pour le seul plaisir d’être interpellés ;
de militants homophobes complaisamment pris en photo sous toutes les coutures
(Cyrillus).
Pourquoi donc la presse ne le dit-elle pas ?
La réalité, nous
le savons, c’est que ces « jeunes »sont tous issus de
l’immigration.
Il n’est donc pas question de le dire, pour ne pas stigmatiser
des populations défavorisées, pour ne pas pointer du doigt des personnes, pour
ne pas susciter de sentiment de racisme, de réflexe xénophobe.
Et surtout pour
ne pas faire le jeu du Front national en région PACA…
Les naïfs que nous
sommes pensaient que l’inexistence des races empêchait toute expression de
racisme.
Que la nationalité française dont bénéficient tous ces jeunes
supprimait toute tentation de xénophobie.
Que les milliards dépensés dans une
politique de la ville ubuesque faisaient de ces quartiers des havres de paix,
de « vivre ensemble » – quel joli mot ! – et de sociabilité multiculturelle
pacifiée.
Le silence est, à
lui seul, une information.
Plus grand monde n’est dupe.
Et l’habituel chœur des
vierges effarouchées se lamentera, en décembre prochain, du résultat des
élections…
François Teutsch via Bld
Voltaire
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