Pour Marine Le Pen, la Région n’est qu’un jeu de quilles
Nord
Littoral
La candidate aux Régionales tient un meeting au
bowling de Calais , sur un territoire qui devrait lui permettre de parler de
l’État, très peu de la Région...
.
Pourquoi Marine Le Pen vient-elle à Calais ? Une ville
dans laquelle elle se produit si peu souvent, contrairement à ce qu’elle
déclarait lors de sa dernière visite le 24 octobre 2014 : « Je suis la
responsable politique qui est le plus venue à Calais depuis cinq ans ».
Personne ne l’a vue depuis, ni avant d’ailleurs, et pour cause, Calais ne
l’intéresse pas, pas plus que la Région.
Sauf que Marine Le Pen ne peut faire l’impasse sur le
territoire qui lui offre un magnifique tremplin pour la présidentielle de 2017,
sa seule obsession.
Les migrants,
c’est probablement la meilleure chose qui lui soit arrivée. Elle devrait même
aller en embrasser quelques-uns si elle daignait seulement les voir...
Marine Le Pen avoue n’avoir aucune solution pour la
Région
Les migrants lui permettent de masquer son impuissance
régionale. Car Marine Le Pen a avoué à Arras, il y a peu, n’avoir aucune
solution à proposer pour guérir le Nord-Pas-de-Calais et son nouveau camarade,
la Picardie, de leurs maux. Région qui, entre parenthèses, compte également de
très belles réussites (entreprises innovantes, troisième révolution
industrielle, rayonnement culturel, etc.) mais dont elle est incapable de
parler en bien car ça irait à l’encontre de son discours sécuritaire qui joue
sur les peurs des gens.
A Arras, le 30 juin, elle lançait sa campagne
régionale, exhortant les électeurs à voter pour elle lors des prochaines
présidentielles pour qu’elle puisse résoudre les problèmes de la Région, sans
quoi elle serait sans solutions. Un incroyable package qui sent bon l’arnaque !
« Le Nord – Pas-de-Calais – Picardie est la région qui
a le plus haut taux de chômage en France, et c’est dans cette région que le
taux de pauvreté est le plus élevé. Tous les problèmes contre lesquels nous
nous battons au niveau national sont ici exacerbés», avait-elle constaté,
reconnaissant dans le même temps que les compétences des régions étaient «
limitées » et que « beaucoup dépend(aient) de la politique nationale. »
Voter pour Marine Le Pen, c’est voter pour une future
présidente invisible
Entre décembre 2015 et avril 2017, date du premier
tour des présidentielles, elle ne pourra donc appliquer son programme. Et les
problèmes de notre belle région continueront de croître.
Pendant ce temps-là, Marine Le Pen sera occupée à
croiser le fer avec ses adversaires pour l’Elysée. µ
Car voter Marine Le Pen en
décembre, c’est
probablement voter pour un autre candidat du FN qui
la
secondera. Un nom revient, celui de Philippe
Eymery, vice-président du groupe
FN Rassemblement pour le Nord-Pas-de-Calais.
Marine Le Pen, la non-cumularde qui aime
bien cumuler
Bien sûr, elle gardera un oeil sur les affaires
courantes de la Région, en plus de sa fonction de députée européenne. Car
Marine Le Pen, contrairement à ce que voudrait bien nous faire croire le FN,
aime beaucoup cumuler.
Dans une fiche argumentaire sur le non-cumul des
mandats datant du 5 avril 2013, le parti d’extrême droite précise pourtant que «
le Front national est favorable au non-cumul des mandats. Il permettra en effet
de renforcer la défense de l'intérêt général qui doit motiver l'action de tout
député, élu de la nation, moins tenté de satisfaire à quelque intérêt local.
(...) C'est aussi un gage d'efficacité dans l'exercice des différents mandats,
permettant à l'élu de mieux se satisfaire de sa charge. Entre autres effets
positifs, probable diminution de l'absentéisme. »
Une volonté confirmée dans le programme politique du
parti mais depuis battue en brèche par Marine Le Pen, au motif que ses
prédécesseurs François Hollande ou Nicolas Sarkozy, pour ne citer qu’eux,
avaient conservé leurs responsabilités politiques tout en menant campagne.
Étrange argument pour quelqu’un qui présente le FN comme un parti de rupture.
Marine Le Pen s’est-elle lavé les mains ?
Il n’y a pas que dans le domaine du cumul des mandats
que le FN - qui se présente pourtant comme un parti au-dessus de tout soupçon-,
a raté sa rupture. Le Front national vient d’être mis en examen dans l’enquête
sur le financement du parti.
On lui reproche d’avoir mis en place un système de
surfacturation, notamment lors des législatives de 2012, et d’avoir escroqué
l’État.
L’État, vous savez, celui que Marine Le Pen veut
rendre plus propre... en passant par la Région.
J.P
.

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