Parler des retraites, c'est avant tout user d'un truisme : « L’essentiel pour les pensions, est qu'elles soient payées »… Et qu'elles le soient au niveau espéré.
Au moment où les retraités voient leurs pensions gelées et leur pouvoir d'achat obéré par la hausse de la CSG, les premiers éléments qui ressortent des travaux de la commission Delevoýe chargée par Emmanuel Macron depuis plus d'un an de préparer dans la « concertation » avec les partenaires sociaux la future réforme de notre système de retraites, ne vont nullement dans le sens d’un rétablissement d’une situation qui relève pourtant désormais de l'urgence même et surtout si les effets d'une réforme ne se feront pas sentir avant 2025.
De décennies en décennies, de demi-mesures en quart de solutions, les gouvernements successifs, de gauche comme de droite (avec toutefois une responsabilité particulière : celle de François Mitterrand et de la démagogie socialiste avec le passage de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans en 1983) ont prétendu s'emparer de cette question sans que jamais, par manque de courage, ne soient mises en place les conditions durables et pérennes du financement de nos pensions dont le système par répartition se voit confronté à deux maux cumulés, l'effondrement démographique et son corollaire le vieillissement de la population, et l'immigration.
Sujet explosif s'il en est (les dépenses de retraites représentent aujourd'hui 13,8 % du PIB) qui touche à l’équité sociale, à la juste rétribution des cotisations consenties, mais aussi à la dépendance et, au final à la cohésion nationale.
Trois points d'inquiétude :
Le flou dans lequel Jean-Paul Delevoýe envisage sa mission. « Faire converger les régimes » est sans doute une intention louable, mais un an après le début de sa mission, le Haut Commissaire peine à dessiner les contours de cette « convergence », tout comme ne sont toujours pas précisées les modalités, la hauteur, la durée des cotisations, la part des primes dans le calcul des pensions pour les fonctionnaires, la prise en compte des douze mois de Service national pour les trois millions de Français concernés. Quid du montant moyen des retraites qui pourrait passer à seulement 40 % du salaire moyen contre 51 % aujourd'hui ? Quid des périodes de maternité, des professions libérales, des commerçants et artisans et des agriculteurs ? Quid des pensions de réversion (Delevoýe prétend les maintenir mais sous conditions non précisées mais d'en étendre le bénéfice aux couples pacsés.) ? Telle que présentée, l'architecture ne la réforme ne répond à aucune de ces questions. On est décidément très loin du « système de retraite universel, simplifié et équitable » promis par Emmanuel Macron pendant sa campagne.
Le régime « par points » tel qu’il est annoncé ne peut en aucun cas être considéré comme sûr, juste et pérenne puisque la valeur du point pourra être fluctuante en fonction des contingences financières. Autrement dit, ce qui sera promis vingt ans avant l’âge de départ à la retraite ne sera pas nécessairement ce qui sera versé le moment venu.
L’âge « pivot » autour duquel tournera la date de départ (avant cet âge, faire valoir ses droits sera possible mais à taux moindre) relève de la plus sombre hypocrisie et constitue un artifice pour le gouvernement qui n’a pas le courage de dire qu'il entend repousser l’âge de départ, ce qui, compte tenu de l’amélioration de l’espérance de vie et des nécessités, serait pourtant parfaitement compris et accepté par les Français. Mais pas par les syndicats… Ceci explique cela.
Dans ces conditions et à ce stade rien ne permet de voir dans cette esquisse de réforme autre chose que la énième version de la procrastination gouvernementale renvoyant à plus tard les vraies décisions qui jamais ne viendront.
Le caractère explosif, en termes de mouvements sociaux, de cette réforme conduira sans doute le gouvernement à la reporter au lendemain, voire au surlendemain des élections européennes. Peu importe au demeurant, puisque nous savons bien que seul un État national affichant sa volonté et sa détermination d'en finir avec les blocages, les régimes spéciaux, les archaïsmes et les carcans obsolètes, mais aussi l'immigration qui impacte gravement le niveau et le financement des pensions, sera en mesure d'assurer aux Français le juste revenu auquel ils ont droit pour leurs vieux jours.
Le Parti de la France, dans la perspective de la parution de son manifeste/projet qui sera publié au printemps prochain, travaille à un vrai plan de sauvetage des retraites pour les Français.
Mais au fait : dans vingt ou trente ans, si rien n'est fait avant, si l'État national que nous seuls pouvons construire reste inaccessible, de quelle nature sera la retraite de nos compatriotes accordée par la République islamique de France ?
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