Thalys : une histoire pleine de bruit et de
fureur, mais surtout racontée par un idiot ?
On se consolera
avec Voltaire : "Cette catastrophe faisait partout un grand bruit
pendant quelques heures. »
« Nous aimons être bernés, une supercherie chasse
l’autre » (général Gallois).
Nous avons souvent tendance à réagir à une information sans
prendre la peine de la vérifier ou de l’étudier.
L’interview d’Anglade à propos
du Thalys (où il s’est certainement passé quelque chose, mais quoi) a de quoi
nous rendre plus prudents.
Ecoutons l’artiste lyrique :
<< Le
tireur était à quelque dizaines de mètres de nous, dans le wagon numéro 12.
Nous étions dans la voiture 11, la dernière.
L’homme armé venait vers nous, il
était déterminé.
J’ai pensé que c’était la fin, que nous allions mourir, qu’il
allait tous nous tuer.
Oui, on s’est vu mourir car nous étions prisonniers de
ce train, et qu’il était impossible de s’échapper de ce cauchemar…
J’ai brisé
la vitre pour tirer l’alarme pour arrêter le Thalys !
Observation : on n’a évidemment pas besoin de briser une
vitre pour tirer une alarme. Après, on passe aux éternels pourris de la
SNCF :
Nous
tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous
hurlions “Ouvrez !” On voulait qu’ils réagissent !
En vain… Personne
ne nous a répondu. Silence radio. Cet abandon, cette détresse, cette solitude,
c’était terrible et insupportable ! C’était, pour nous, inhumain.
Les passagers sont bêtes et ne comprennent pas la situation
(ils sont français), mais heureusement, il y a l’OTAN et les Américains!
Les
passagers étaient dans l’incompréhension, ils ne réalisaient pas que ça allait
être le carnage. C’était calme et digne. Nous étions totalement à la merci des
balles qui allaient nous déchirer le corps… Nous attendions la mort, et nous
n’avions pas le choix.
Puis, un jeune homme, Anthony Sadler, a accouru dans
notre voiture, criant que le tireur était maîtrisé par des soldats américains
en permission, que tout allait bien.
Oui, il y avait même un consultant anglais.
Que n’y avait-il
dans ce train où tout le monde parlait anglais ! Un officiel était planqué
dans un placard pour remettre leurs médailles préventives aux héros en T-shirt.
Nous
sommes choqués, mais nous sommes en vie, et c’est l’essentiel. Nous étions au
mauvais endroit, mais avec les bonnes personnes.
C’est un miracle. Nous avons
eu une chance incroyable d’avoir ces soldats américains.
Je veux rendre hommage
à leur courage héroïque et les remercier. Sans eux, nous serions tous morts.>>
Puis on retombe dans le monde réel.
Michel Brunet, l’un des contrôleurs du train Thalys
Amsterdam-Paris :
Le
mouvement de panique du personnel de restauration n’a pas grand-chose à voir
avec le personnel de contrôle.
Je ne sais pas pourquoi M. Anglade a cette
attitude vis-à-vis du personnel Thalys.
On se le demande aussi.
On verra s’il tournera, grâce à son
témoignage, prochainement dans un remake hollywoodien de La Mort aux
trousses avec Chuck Norris.
Pour le reste, on se consolera avec Voltaire :
« Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques
heures. »
Nicolas Bonnal via Bld Voltaire

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