Qu’à travers son
opposition au Front national
Tous les jours, ou presque,
Fleur Pellerin écrit un tweet contre le Front national. Il semblerait qu’elle
n’ait trouvé que cette solution pour exister politiquement et médiatiquement.
À
sa décharge, son bilan en tant que ministre de la Culture est proche du néant
et ne manque pas de susciter les oppositions légitimes des créateurs, des
amoureux du patrimoine, mais aussi des Français dans leur ensemble.
Le projet
de loi récemment présenté par le ministère est une coquille vide. Fleur
Pellerin ne s’attaque à aucun des grands chantiers culturel. Rien à propos de
Hadopi ; François Hollande entendait, pourtant, supprimer ce dispositif en
2012. Quant à la sauvegarde de l’exception culturelle française, menacée par
les traités d’échanges TISA et TAFTA : rien non plus.
Pour faire oublier ce terne
constat, Fleur Pellerin, ministre de la Com’ plutôt que de la Culture, a décidé
de s’inspirer de sa consœur Christiane Taubira. Pire : son verbiage
abscons ferait presque passer cette dernière pour Verlaine.
Voici le plus bel
exemple de la production poético-neuneu du ministre : « La culture
pour le #FN : un coût, une nuisance, une affaire de fainéants. Et surtout
pas une lumière ou une émotion qui peut changer la vie. » On en
pleurerait presque.
Au-delà du style littéraire de la phrase, plus proche d’une
rédaction de collège que de l’œuvre d’André Malraux, le propos est mensonger.
Dans ce tweet, Fleur Pellerin attaquait David Rachline, maire de Fréjus, non
pas par souci du bien commun, mais dans l’idée de se faire un peu de publicité.
La « sociétaliste »
reproche à la mairie de Fréjus d’avoir proposé que des artistes, logés à des
prix dix fois inférieurs au prix du marché par la ville, ne rendent cet
avantage en supervisant des activités périscolaires. Horreur, effroi dans le
landernau « artistocratique ».
Il ne leur en fallait pas plus pour
décrire David Rachline en « ennemi de la culture ». Dans un
communiqué, l’édile a expliqué son point de vue : « Depuis plus de
20 ans, la municipalité fréjusienne, adhérente de l’Institut national des
métiers d’art, met à disposition 16 locaux au cœur du centre historique au
profit d’artisans, à des tarifs exceptionnellement modérés. En contrepartie de
ces tarifs très préférentiels, les artisans se sont notamment engagés, par
convention, à participer à la vie culturelle et artistique de la commune à
travers diverses manifestations, animations, rencontres, démonstrations,
expositions de travaux réalisés ou en cours, développement d’actions
pédagogiques organisées par la ville. » Nous sommes tout de même très
éloignés de la dictature, et beaucoup plus proches de l’idéal méritocratique
républicain.
Dans le film Le Mépris,
Jean-Luc Godard écrivait : « Quand j’entends le mot culture, je
sors mon carnet de chèques. »
C’est peu ou prou ce que font les
socialistes, lorsqu’ils sont au pouvoir : arroser les associations de
deniers publics afin de se doter d’une force de frappe méta-politique. Mais une
bonne politique culturelle ne se résume pas à assister des gens, il faut avant
tout lui donner un sens. C’est ce qu’a oublié le gouvernement, qui pourrait
faire sienne cette phrase d’Antonin Artaud, tirée du Théâtre et son double :
« Je tombe. Je tombe mais je n’ai pas peur. Je rends ma peur dans le
bruit de la rage, dans un solennel barrissement. » Qu’ils barrissent
donc pendant que nous travaillons pour les Français.

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