Les 25 ans de la loi Gayssot et la crise au Front
national
Le
16 juillet 1995, il y a vingt ans jour pour jour, Jacques Chirac, qui venait
deux mois plus tôt d’être élu à la présidence de la République, prononçait au
Vel d’Hiv un discours solennel condamnant officiellement la France pour son
rôle dans la déportation des juifs : « ces heures noires souillent à jamais
notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions.
Oui, la
folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat
français. (…) La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre
d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là (lors de la rafle du Vel d’Hiv le
16 juillet 1942), accomplissait l’irréparable.
Manquant à sa parole, elle
livrait ses protégés à leurs bourreaux. »
Cet acte réclamé à cor et à cri par
Klarsfeld avait été refusé avec une grande dignité par François Mitterrand,
malgré sa maladie, jusqu’au terme de son second septennat. « La France n’a pas
d’excuse à donner, ni la République.
A aucun moment je ne l’accepterai. Je
considère que c’est une demande excessive de gens qui ne sentent pas
profondément ce que c’est d’être Français, l’honneur d’être Français et
l’honneur de l’histoire de France. C’est l’entretien de la haine.
Et ce n’est
pas la haine qui doit gouverner la France » répondait-il en 1994 à Jean-Pierre
Elkabbach. Le journaliste se montrant très insistant, Mitterrand avait eu cette
formule plutôt étonnante : « Vous voulez quoi ? Que je me convertisse ! »
Très irrité par l’insistance que Klarsfeld manifestait
pour qu’il condamnât officiellement la France, après que le même homme eut fait
pression pour qu’il ne fleurît plus la tombe du maréchal Pétain à l’île d’Yeu
chaque 11 novembre, Mitterrand, quelques heures avant de quitter définitivement
l’Elysée le 17 mai 1995, confia à l’académicien Jean d’Ormesson dans ce qui
peut apparaître comme un testament politique : « Vous voyez dans cette affaire
l’influence puissante et nocive du lobby juif ».
Quelques jours plus tôt,
François Mitterrand avait déjà suscité l’étonnement en s’exclamant dans son
discours de Berlin le 8 mai 1995, à l’occasion du cinquantième anniversaire de
l’armistice : « Je ne suis pas venu célébrer la victoire. Je ne suis pas venu
souligner la défaite parce que j’ai su ce qu’il y avait de fort dans le peuple
allemand, ses vertus, son courage, et peu m’importe son uniforme et même l’idée
qui habitait l’esprit de ses soldats qui allaient mourir en si grand nombre.
Ils étaient courageux. » Son successeur ne tint pas le même discours. Désireux
de « payer sa dette électorale à la communauté juive » qui l’avait fait élire,
ainsi que l’avait dit avec son franc-parler habituel Jean-Marie Le Pen,
Jacques
Chirac condamna solennellement le pays dont il présidait aux destinées, ce qui
est une infamie et s’apparente à un acte de haute trahison. Jusqu’où les
politiciens sont-ils prêts à se vautrer pour complaire au Lobby qui
assure leur carrière ?
En reconnaissant la culpabilité de la France, Chirac a
ouvert la voie à des chantages financiers incessants (dont témoignent entre
autres les réparations réclamées à la SNCF par le lobby juif
d’outre-Atlantique) et à une concurrence victimaire dans laquelle se sont
engouffrés dans notre pays tous ceux qui s’autoproclament descendants
d’esclaves ou de colonisés.
Suite
de l’éditorial de Jérôme Bourbon dans Rivarol n° 3197 du 16 juillet 2015

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