Philippe Pétain est
emprisonné au fort du Portalet, dans les Pyrénées, du 15 août au 16 novembre
1945, puis transféré au fort de la Citadelle sur L’Île-d’Yeu.
La Maréchale Pétain
s’installe à l’île d’Yeu deux mois après l’arrivée de son mari : elle prend pension
à l’hôtel des Voyageurs tenu par Gontran Nolleau, dans une annexe de l’hôtel au
premier étage, avant de descendre, vers la fin de son séjour, au
rez-de-chaussée.
Chaque jour, à partir du moment où elle reçoit l’autorisation
de séjourner à l’île d’Yeu, la Maréchale fait à pied le trajet de son hôtel à
la Citadelle pour rendre visite au Maréchal avant qu’une voiture, fruit d’une
collecte, ne l’y transporte.
Le premier » geôlier » du Maréchal à l’île d’Yeu est Joseph Simon ; il l’avait
été auparavant au fort de Montrouge (avril 1945) et au fort du Portalet. Le
second fut, à partir d’octobre 1949, Charles Boulay.
Le maréchal Pétain a deux aumôniers à l’île d’Yeu : le Curé-doyen, l’abbé
Pontoreau, et à partir de septembre 1949, l’abbé André Bailly.
Le premier juge
le prisonnier : » C’était une grande et belle âme : force de caractère,
bonté, patience, telles sont les vertus que j’ai vues chez celui que le sort
m’a fait connaître « ; au second le Maréchal dit un jour, lui désignant le
drapeau tricolore flottant en haut du mât du fort : » Si je ne l’avais pas
pour me soutenir, je ne sais pas ce que je deviendrais « .
Il administrera
l’extrême-onction au Maréchal le 8 avril 1951
En
mars 1950, les autorités très prévoyantes (!) font livrer à la Citadelle un cercueil
!La santé du maréchal Pétain décline à partir du début de l’année 1951.
Pour ne pas que l’on
dise qu’on a laissé mourir en prison le maréchal, le Conseil supérieur de la
magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, decide le
8 juin 1951 « l’élargissement » du prisonnier et son assignation à résidence «
dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère
».
En application du décret
précité, le Maréchal est transporté le 29 juin dans une maison située à
Port-Joinville même ; elle a été choisie par ses avocats et appartient à maître
Luco, avocat et ancien conseiller général de la Vendée.
La nouvelle résidence
du Maréchal est située en face de la villa » Les Simounelles » où ce dernier a
eu l’occasion de séjourner pendant une visite qu’il fit en 1921 !
Le
transfèrement du Maréchal de la Citadelle à la maison Luco est effectué sous la
responsabilité du médecin-général Tabet, qui ne peut s’empêcher de déclarer à
son collègue le médecin-capitaine Maître
La France est déshonorée
d’avoir traité ainsi ce vieillard
« . Une plaque en bois est apposée à
droite de l’entrée de la maison Luco portant l’inscription : » Hôpital
militaire de Nantes-annexe de l’île d’Yeu « .
A partir du 8 juillet, le Maréchal commence à décliner doucement ; il entre en
agonie le 18 ; elle durera cinq jours.
Veillé par Jean Rodhain, le 23 juillet, à 9 h 22, le Maréchal Pétain cesse de
vivre ; le médecin-capitaine Maître annonce à la Maréchale le décès de son mari
en prononçant ces quelques mots : Madame, le Maréchal de France n’est plus
Le
Maréchal est revêtu de son uniforme portant une seule décoration, la Médaille
Militaire. La dignité de Maréchal de France sera inscrite sur les actes de
l’état civil.
La Maréchale reçoit, le
jour même, plusieurs milliers de messages de condoléances dont ceux de la
Maréchale Joffre et du général JuinLe 24 juillet, les Anciens Combattants à qui on avait refusé la possibilité de s’incliner devant la dépouille du Maréchal, organisent une veillée devant la maison mortuaire : des voix s’élèvent dans le silence nocturne
Saints et saintes de France, priez pour notre vieux chef ! Monsieur le Maréchal, pardonnez à la France !
De nombreuses manifestations de fidélité au Maréchal ont lieu à travers la France, en particulier dans la capitale où les Parisiens se rassemblent sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile devant la tombe du Soldat inconnu et y déposent des fleurs qui forment une immense croix.
.source: Biographie par laflamme, et .ADMP, ANPV, Etat Français, île d'Yeu, Maréchal, Philippe Pétain.

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