On croyait avoir atteint le
sommet de l’enflure avec les programmes du secondaire rendus publics le mois
dernier, monument de propos fumeux et de verbiage abscons dont toute la France
– du moins celle qui a conservé une once de bon sens – s’est régalée dans les
dîners.
Restera ainsi célèbre l’élève qui « traverse l’eau en équilibre
horizontal par immersion prolongée de la tête » (natation), ou
l’apprentissage des langues défini comme « Aller de soi et de l’ici
vers l’autre et l’ailleurs ».
Exemples puisés entre autres âneries
pour Trissotins en mal de reconnaissance.
Mais les Précieuses ridicules ont
aujourd’hui le cul vissé sur leurs fauteuils ministériels et leur pouvoir de
nuisance est sans limite.
Le Figaro nous révélait ainsi
dimanche les merveilles des programmes à venir pour les cycles 2 et 3, soit du
CP à la sixième.
On ne parle pour l’instant que de consultation des
enseignants, mais elle se fait par voie de questionnaire à partir des
propositions ministérielles. Croquignolettes, les propositions, jargonnantes à
souhait.
Pour des gamins dont on rêve qu’ils puissent au moins apprendre à lire
et un peu à écrire, on parle pompeusement de « degré de guidance »
et d’« hypérénomie », de « quotitions, affixes,
morphologie dérivative, prédicat » etc…
Vous y comprenez quelque
chose ? Moi non plus.
Idem en mathématiques (le calcul
est bien loin…) où l’on parle cette fois de « quotition », de
quantités « discrètes ou continues », et de « perspective
cavalière » en géométrie. Autrefois on disait simplement « géométrie
dans l’espace », aujourd’hui on dit 3D et tout le monde s’y retrouve.
Sauf les cuistres pompeux et autres pédagogistes patentés qui se tripotent en
rond pour mieux sodomiser les mouches.
Car ce sont encore et toujours
eux qui sont à la manœuvre,vidant systématiquement l’enseignement de son
contenu, l’éloignant de sa mission au nom d’une idéologie perverse qui se
prétend garante de « l’égalitarisme ».
Comme l’écrivait la
sociologue Julia Sereni dans le même Figaro voilà quelques jours, « puisque
la transmission du savoir reste vécue comme une violence reproductrice
d’inégalités, c’est à la transmission elle-même que l’on s’attaque pour
diminuer les inégalités ».
Dans les faits : puisque tous ne
parviennent pas à s’élever, poursuivons le nivellement par le bas de sorte que
personne ne s’élève.
De là, notamment, l’abandon de la
grammaire car les règles y sont « imposées » et surtout à
« apprendre » (deux mots bannis).
Les futurs programmes, nous
dit Mme Sereni, affirment que « l’inflation terminologique doit être
évitée » (page 10), « ce qui signifie qu’il n’est pas opportun
de s’attarder sur des termes trop techniques comme le complément d’objet et
autres COD. C’est le ménage par le vide ».
C’est terrifiant de bêtise. Dans
le fond comme dans la forme, car enfin, comme l’écrit encore cette dame,
« comment ne pas s’inquiéter du fait que personne, au sein du Conseil
supérieur des programmes, n’ait perçu le caractère risible des intitulés et la
vacuité du vocabulaire employé ».
Sur quelle planète vivent donc ces
gens-là ? Dans quel monde un François Hollande qui, pour justifier le
passage en force de la réforme scolaire, anone que « chacun a droit
(sic) à l’excellence » ?
Et que fera-t-il demain : en guise
d’enseignement, une distribution de pilules roses à tous les enfants de France
pour s’assurer qu’ils reçoivent la même dose de savoir ?
Source :.Marie Dlarue via Bld Voltaire

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire