jeudi 21 mai 2015

Clichy


 
Nous vivons dans une France frappée d’amnésie où les tétraplégiques de la mémoire se sentent obligés, régulièrement, de nous donner des leçons de morale même pas dignes des comptoirs de bistrots.

La fanfare médiatique a cru bon de donner du relief à l’affaire du tweet de Marion Maréchal-Le Pen en lien avec les émeutes de 2005 à Clichy-sous-Bois. « Ce verdict prouve que la racaille avait bien mis la banlieue à feu et à sang par plaisir et non à cause d’une bavure policière. »

Appelez donc « affaire » toute pseudo-controverse créée de toutes pièces par nos médias, avec si possible un parfum de gauche bien-pensante en premier prix d’interprétation et quelques acteurs de base du politiquement correct.

Le kit Ikea de la parole prémâchée, la notice d’explication en plus, livrée par (au hasard…) des politologues désignés « experts », des médias « spécialistes » du dossier, des BHL maintenant dans le Larousse… loin des préoccupations de nos 5 millions de chômeurs ou retraités pauvres, en souffrance sur nos terres.

Mais rabâchés à longueur de journées par ondes interposées, grands titres de journaux gratuits le matin ou grand-messe de 20 heures, ces pseudo-débats deviennent des demi-vérités ! Et l’on se surprend à s’interroger sur des propos ou des événements qui, hier, seraient mort-nés.

Rappel des faits : en 2005, à Clichy, ce sont 10.346 voitures de toutes sortes incendiées, 233 bâtiments publics détruits ou endommagés, 74 bâtiments du domaine privé endommagés et 224 blessés parmi les forces de l’ordre.

Les auteurs : de la racaille ?

 Parlez-nous de jeunes, en mal d’orientation scolaire, de jeunesse à l’abandon sans terrain de basket adéquat ou privée de chaînes câblées !

Précautions oratoires indispensables à l’abandon de nos banlieues, arrosées de subventions publiques que nos territoires ruraux leur envieraient bien !

Défigurés par le laxisme, le manque de courage politique et maintenant le clientélisme électoral, ces territoires sans droit ni loi où les petits vieux doivent baisser la tête quand ils croisent des caïds !

Comment ça, « la racaille »,  miss Marion ? Nos bobos établis à la périphérie du
7e arrondissement qui se risquent parfois à s’encanailler jusqu’au Buttes-Chaumont… ont eu le sang glacé devant de tels propos.
 « Voilà qui jette de l’huile sur le feu », selon Mélenchon.
Et il sait de quoi il parle en (in)digne représentant attardé d’une faucille et d’un marteau, qui dans le monde ont massacré par millions et façonnés des guerres dont nous ne sommes pas encore sortis !
Au goulag, Marion Maréchal-Le Pen !

C’est la courbe inversée du bon sens, le raisonnement qui ne tourne pas rond, le rétropédalage du bon sens et de l’équité : mettre des mots sur nos maux aujourd’hui, et voilà la charge de la preuve inversée : vous devenez coupables de réalisme et de lucidité !
De l’enfumage de brave gens à une heure de grande écoute.

S’il ne s’agissait pas de racaille à Clichy, au vu du bilan… c’est qu’il ne s’agissait pas non plus de votre voiture à crédit brûlée, ni de l’école de vos enfants incendiée, ni de votre père policier blessé.  

Mais c’était la France. Et elle mérite tellement mieux.

Nommons ces jeunes « chenapans » et devenons de vieux cons. Continuons à dormir. Les autruches n’ont qu’à bien se tenir.

 
Anne-Sophie Désir via Bld Voltaire

 

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