Des musulmans font la prière de l'Aïd-al-Fitr dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, pour célébrer la fin du Ramadan.
En attendant la construction de l'Institut des cultures d'islam (ICI), dont la première tranche doit être livrée en janvier 2013, les fidèles musulmans du 18e arrondissement de Paris continuent de prier dans la rue.
La mosquée de la rue Myrha, qui attire surtout des fidèles d'origine maghrébine, et celle de la rue Polonceau, fréquentée par des musulmans d'Afrique subsaharienne, manquent en effet de place pour accueillir l'ensemble des pratiquants. Et de très nombreux fidèles se sont encore retrouvés mardi matin dans ces deux lieux de culte pour la prière de l'Aïd, provoquant une interruption de la circulation automobile dans les deux rues.
PAS D'ACCORD SUR L'AMÉNAGEMENT D'UNE CASERNE
Le 8 août, Claude Guéant avait annoncé que les musulmans du 18e arrondissement pourraient pratiquer dans une ancienne caserne de Clignancourt à partir du 16 septembre. A l'en croire, les responsables du culte musulman, dont le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), ont visité les locaux et "les ont trouvés tout à fait appropriés".
Or, les imams des deux mosquées de Barbès ont déclaré mardi ne pas avoir donné leur accord pour se déplacer le 16 septembre vers cette ancienne caserne proposée par les autorités. "Il n'y a aucun accord, les négociations se poursuivent", a déclaré l'imam cheikh Salah Hamza de la mosquée Khaled Ibn Al-Walid, rue Myrha. "Rien n'est signé, nous avons découvert la date du 16 septembre dans la presse", a confirmé Moussa Niambélé, l'imam de la mosquée Al-Fath, rue Polonceau.
L'endroit, propriété de l'Etat, situé avenue de la Porte-des-Poissonniers, dont deux grandes salles de 750 m2 et 600 m2, pourraient être aménagées temporairement en lieu de culte, peut accueillir "près de 2 700 personnes", selon le préfet de police de Paris, Michel Gaudin.
PAS "CONFORME AUX NORMES DE L'ISLAM"
"L'endroit n'est pas mal", convient Moussa Niambélé. Mais il demande des aménagements "conformes aux normes de l'islam", comme une salle d'ablutions pour les femmes et des toilettes en nombre suffisant. L'imam juge aussi "élevé" le loyer de 10 000 euros par an proposé par la préfecture de police pour une occupation des lieux uniquement le vendredi, jour de la grande prière hebdomadaire.
"Nous avons nos revendications communiquées au recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur et qui n'ont pas encore trouvé de réponse", ajoute de son côté Salah Hamza. Il cite : la sacralité des lieux, leur utilisation sept jours sur sept, la construction d'une salle d'ablution pour les femmes, l'utilisation du parking et la désignation d'un seul imam pour diriger la prière.
Le Monde.fr (avec AFP)
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