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Même si tous ces guignols sont sincères - tout est possible
-, ils risquent d’aboutir à l’effet inverse de celui qu’ils escomptent.
Gabrielle Cluzel et Jean-Yves
Le Gallou s’indignaient hier, dans ces pages, du niveau consternant de la
pensée journalistique.
De son absence de pensée, exactement, l’une relevant le
niveau en dessous de zéro du Lab Europe 1, l’autre dressant un palmarès
des bidonnages, amalgames et autres mensonges qui devraient faire mourir de
honte cette profession pourtant si « sûre d’elle-même et
dominatrice ».
Mais à côté des journalistes,
et même en général au milieu d’eux quand ce n’est pas « à la place
de », on trouve la cohorte des humoristes
Du moins, c’est ainsi qu’ils se
présentent.
De plus en plus installés, de plus en plus pesants, pontifiant sur
tout, étalant à l’envi leur nullité péremptoire saluée par les rires gras de
crétins épais rameutés pour l’occasion sur les plateaux.
Ils y prennent en
général leur revanche de cancres, ayant pour la plupart été virés de leurs
boîtes à bachot pour aller grossir les bataillons des zéro-diplôme.
Stéphane Guillon est de
ceux-là.
Moulé à Canal+, viré de France Inter où il avait un peu
trop ch… dans la gamelle, il n’est pas chez Ruquier mais chez Ardisson.
Samedi
soir dernier, comme chaque semaine, il devait offrir, dans « Salut les
terriens », une « chronique
mordante sur les faits d’actualité ».
Pour illustrer la relaxe devant le tribunal de cette autre figure désopilante
qu’est Guy Bedos, Stéphane Guillon a donc montré qu’il pouvait faire encore
plus fort dans l’injure.
Extrait : « Morano,
l’avantage maintenant, c’est qu’on peut l’insulter sans que ça nous coûte rien.
Alors je me dis, autant se faire plaisir et y aller à fond. C’est
gratuit. »
Et de se lancer :
« Morano, vieille peau, face
de cul, gueule de raie, bécasse, gourdasse, enculeuse de mouche. Morano has
been, maquerelle, manche à couille, pimbêche, parasite, peine-à-jouir. »
Enfin,
pour finir dans la délicatesse :
« Et comme dirait mon ami
Poelvoorde, “Va chier dans la Meuse, on verra ton cul”. »
On me dira sans doute que
c’est du 22e degré, que je ne comprends rien à l’humour Canal (à moins
que ce ne soit anal ?). Que je suis vieille, coincée, has been moi aussi.
Je veux bien admettre tout cela. Néanmoins, je me demande qui peut bien rire de
cet humour de fond de bidet !
À vrai dire, j’ai une autre
explication.
Par exemple que tous ces petits marquis sont de sinistres
marionnettes qui cachetonnent à la manip’.
Guillon, par exemple, a sans doute
besoin de faire oublier qu’il passait encore, voilà dix ans, au théâtre de la
Main d’Or d’un certain Dieudonné.
Par les temps qui courent, c’est cher à
pardonner. Il faut mettre le paquet. Et puis, comme il dit, taper sur Morano,
ça ne coûte rien.
C’est facile, c’est pas cher et ça peut rapporter, même si ce
n’est pas très gros.
Il n’en reste pas moins que,
même si tous ces guignols sont sincères – tout est possible -, ils risquent
d’aboutir à l’effet inverse de celui qu’ils escomptent.
En effet, s’ils
continuent ainsi, non seulement Marine Le Pen sera élue mais elle le sera au
premier tour !
À moins que, hypothèse déjà évoquée ici, ce ne soit au fond
ce qu’ils souhaitent.
Dans les moments visionnaires
qu’il avait parfois, le vieux Le Pen avait un jour avancé cette idée :
« Le
jour où la situation sera, pour le système, devenue inextricable,
disait-il, ils s’arrangeront pour me refiler le bébé. Comme Pétain. Et puis
quand j’aurai fait le ménage qu’ils ne veulent pas faire, ils me condamneront à
mort. Comme Pétain. »
Il est trop âgé pour voir ça.
Sa fille, peut-être
Marie Delarue
via Bld Voltaire

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