Eva Joly condamnée, ou les préjugés d’un juge
La cour d’appel
vient de confirmer la condamnation d’Eva Joly pour diffamation à mon encontre.
La cour d’appel
vient de confirmer la condamnation d’Eva Joly pour diffamation à mon encontre.
Cette décision me permet de rappeler que je n’ai fait l’objet d’aucune
condamnation, tandis que mes plaintes ont abouti à celles de Jean-Vincent
Placé, de Frédéric Mitterrand et de Mme Joly.
Une de mes plaintes n’a pas
encore entraîné de condamnation. Il s’agit, cette fois, d’une action contre
l’État, puisque j’avais attaqué L’Express, qui m’avait comme Mme Joly
traité de négationniste.
Malheureusement, par une grande malchance, le dossier
a été égaré… le temps de la prescription.
Ce mot de
« négationniste » nous donne deux leçons. En premier lieu,
l’extension abusive de l’emploi de certains termes sous-tend le procédé de
l’amalgame. C’est ainsi que les communistes transformaient en fascistes tous
leurs opposants un peu déterminés.
Dans l’affaire qui m’opposait à Mme Joly,
les choses sont claires. Est négationniste celui qui nie la Shoah. Je conteste
si peu cette tragédie que j’ai prononcé un discours chargé d’émotion à
Auschwitz-Birkenau à l’issue d’un déplacement organisé par celui qui est
actuellement le grand rabbin de France.
En second lieu, le concept de
« négationnisme » employé à tout propos crée une confusion dans la
lecture de l’Histoire et révèle l’utilisation idéologique de celle-ci. J’ai
dénoncé la déformation des faits à des fins de propagande en ce qui concerne la
déportation des homosexuels. J’aurais sans doute dû insister davantage sur le
caractère odieux, pour un groupe, de vouloir revendiquer son holocauste afin de
manipuler l’opinion. Les nazis voulaient anéantir les juifs parce qu’ils
étaient juifs.
Ils reprochaient aux homosexuels allemands de ne pas faire les
enfants qui seraient les soldats de demain et voulaient davantage les
contraindre à rentrer dans la norme que les détruire.
C’est pour cette raison
qu’ils ne les ont pas persécutés en dehors de l’Allemagne.
Avec une grande
rigueur, le second rapport sur la déportation des homosexuels, sous la
direction de Mikaël Bertrand, rappelle les chiffres.
Peu de Français sont
concernés : une soixantaine en Allemagne, 6 ou 7 en France même.
Pour ces
derniers, on sait quelle était leur « orientation » sexuelle, mais
rien n’établit qu’elle était la cause de leur déportation. Ni dans les
chiffres, ni dans les méthodes, ni dans les objectifs il n’y a de rapport avec
les 76.000 juifs déportés de France. Reconnaître cette différence n’est en rien
approuver le nazisme, ses buts et les horreurs commises. Serge Klarsfeld m’a
apporté son témoignage. L’aurait-il fait s’il m’avait cru capable de la moindre
sympathie envers le nazisme ?
Or, Mme Joly,
donneuse de leçons qui se présente volontiers comme un magistrat impartial et
rigoureux, n’a procédé à aucune instruction.
Ses propos sont haineux et
vindicatifs.
« Vanneste, désormais coutumier des dérapages homophobes,
vient de passer un cran supplémentaire dans l’ignoble, en niant la réalité de
la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale. »
Il « fait une référence sans nuance aux propos négationnistes ».
Cela « renvoie à la même abjection que leurs bourreaux ».
En
matière de dérapage, on peut difficilement faire mieux. Elle n’a aucune
connaissance du sujet et l’évoque avec un excès verbal indigne d’un débat
politique.
En fait, comme son
avocat l’a involontairement souligné dans sa plaidoirie, le mot important
n’était pas « négationniste » mais « homophobe », car quand
on est homophobe, alors on est capable de tous les crimes. C’est là encore une
révélation : ce mot est un terme de commissaire politique, comme
« révisionniste » ou « fasciste ».
Son emploi est abusif
puisqu’il devrait étymologiquement désigner la peur pathologique du
« même ». Admettons que ce « même » soit l’homosexuel.
Le
fait d’avoir un jugement moral négatif sur des comportements n’est en rien une
peur maladive.
C’est une opinion. Qu’un ancien magistrat devenu parlementaire
européen puisse faire de ses préjugés des armes pour museler l’adversaire, afin
de l’exclure du débat, en en faisant un nazi, fait froid dans le dos.
Une
démocratie saine ne peut accepter qu’on réduise le porteur d’une opinion différente
à un criminel né.
Car c’est le chemin emprunté par tous les totalitarismes, de
1793 jusqu’à nos jours.

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