Allemagne : « Nous avons perdu
tout contrôle. L’accueil des immigrants est une énorme faute politique »
Ce sont les
mots de Hans-Peter Friedrich, ministre de l’Intérieur de 2011 à 2013, qui met
en garde contre l’arrivée incontrôlée dans l’UE de masses « d’immigrants
dont on ne sait absolument rien ».
Friedrich s’était déjà attiré en tant
que ministre les foudres des médias bien-pensants et les critiques du président
fédéral en affirmant que « Rien dans l’histoire ne démontre que l’islam
appartient à l’Allemagne ».
Une évidence politiquement incorrecte. Dans
les colonnes du journal Passauer Neue Presse, cet homme politique du
parti frère en Bavière (CSU) des « chrétiens-démocrates » du CDU de
la chancelière Angela Merkel ne mâche pas ses mots à l’égard de la politique de
cette dernière : « C’est une énorme faute politique qui peut avoir
des conséquences dramatiques. Nous risquons de payer très cher le fait de ne
pas enregistrer ces gens, de ne pas contrôler leur identité. Nous avons perdu
tout contrôle. »
Il ajoute aussi : « Nous risquons des
attentats, nous devons fermer nos frontières. Il vaudrait mieux que le
gouvernement de Berlin s’y prépare dès maintenant. »
L’ancien ministre défend aussi la position des pays de l’Est qu’il
considère comme tout à fait compréhensible. Ces pays (Pays baltes, Pologne,
Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie) refusent les quotas
obligatoires et ceux qui sembleraient le plus prêt à accepter le nombre
d’immigrants clandestins que souhaite leur imposer la Commission européenne
(Pologne et Lituanie) ont à faire face à des manifestations populaires, comme
hier samedi à Varsovie où une dizaine de milliers de personnes étaient venu
dire leur opposition à l’immigration-islamisation.
Et ce n’est pas que l’ancien ministre qui critique la politique du
gouvernement fédéral formé par la « grande coalition » (CDU-CSU et
SPD).
C’est aussi toute la CSU bavaroise et le gouvernement du land de Bavière
qui se trouve en première ligne face à l’arrivée des clandestins.
Munich est
littéralement submergée, et le gouvernement bavarois doit rencontrer le premier
ministre hongrois Viktor Orbán en début de semaine pour discuter ensemble des
solutions à adopter, en court-circuitant le gouvernement d’Angela Merkel !
Une décision qui lui vaut les critiques acerbes de la presse, mais pas de toute
la presse.
Ainsi, le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) donne lui aussi
raison aux pays de l’Est face à la décision catastrophique prise par
l’Allemagne, sans consulter ses partenaires européens, d’ouvrir ses portes à
tous les immigrants bloqués en Hongrie.
Une décision qui, selon le premier
ministre hongrois, a été à l’origine de véritables émeutes des clandestins qui
ont forcé en masse les portes des centres d’accueil et les barrages de police,
pour se rendre en Allemagne en refusant de se faire d’abord enregistrer dans
leur pays d’arrivée dans l’espace Schengen, ainsi que l’exigent les règles
européennes.
Car malgré tout le rabattage médiatique contre le gouvernement
d’Orbán, c’est en réalité lui qui cherche tant bien que mal à appliquer les
règles européennes tandis que le gouvernement allemand les viole allègrement,
en aggravant de surcroît le problème de manière dramatique par le signal envoyé
aux autres émigrants potentiels d’Afrique et du Moyen-Orient
Il y a une semaine, dans le Bild am Sonntag, le ministre-président
du land de Bavière déclarait : « La République fédérale d’Allemagne
[…] ne peut pas à long terme accueillir presque tous les réfugiés. Aucune
société ne peut supporter cela. » et il prévenait, à propos de la
multiplication des attaques de l’extrême droite contre les centres d’accueil
d’immigrants et aussi des manifestations populaires pour ou contre cette
politique, que la CDU-CSU ne pourrait pas stopper la progression de ces
mouvements si elle ne répond pas elle-même aux problèmes et aux peurs des
citoyens.
La veille, le ministre bavarois de l’Intérieur reprochait à Angela
Merkel de ne pas avoir consulté ses décisions avec les lands qui doivent
pourtant en supporter les conséquences sur le terrain.
Le porte-parole de la
CSU a lui aussi critiqué le signal envoyé par le gouvernement de Merkel à tous
ceux qui veulent émigrer vers l’Europe, et le ministre bavarois des Finances
s’est inquiété que « Si cette année le nombre des migrants qui viennent
chercher refuge dans notre pays est plus important que celui des naissances,
cela risque d’avoir des conséquences sur l’équilibre culturel de notre société. »
On voit donc bien que les critiques de cette politique immigrationniste
d’Angela Merkel déborde largement des milieux qualifiés de néo-nazis ou
d’extrême droite par les médias français.
Notons aussi que loin de résoudre le problème, la décision allemande
d’accueillir tous ces clandestins sans qu’ils aient à se faire enregistrer en
Hongrie, et l’annonce par le vice-chancelier et ministre fédéral de l’Économie
que l’Allemagne pourrait accueillir sans problème un demi-million d’immigrants
chaque année, n’a pas fait que semer le chaos en Hongrie, mais elle a aussi
aggravé le phénomène migratoire et la situation tragique des habitants, des îles grecques à l’Autriche.
Ainsi, dans une
lettre ouverte adressée au chancelier autrichien, le maire de la petite ville
de Nickelsdorf sur la route de Budapest à Vienne appelle à l’aide, affirmant
que si les habitants aidaient volontiers les clandestins de passage au début,
ils sont maintenant complètement dépassés et effrayés face à cette véritable
invasion : environ 13 000 clandestins pour 1770 habitants !
Plus
au sud, de la Grèce à la Hongrie, le flux continue d’enfler. Déjà plus de
430 000 ont traversé la Méditerranée depuis janvier, d’après l’Organisation
internationale pour les migrations (OIM).
Samedi, 4330 ont passé illégalement
la frontière entre la Serbie et la Hongrie.
Samedi encore, le maire de Munich
appelait lui aussi à l’aide, les possibilités d’hébergement provisoire de sa
ville étant complètement débordées.
La plupart des lands ne semblent pas
particulièrement enthousiastes à l’idée de venir au secours de la Bavière.
Dernière minute :
Le vice-chancelier fédéral Sigmar
Gabriel, le même qui avait déclaré que l’Allemagne pourrait accueillir sans
problème 500 000 immigrés par an, avoue dans Der Tasspiegel
aujourd’hui que « l’absence d’action de la part de l’Europe sur la
question de la crise des immigrants amène l’Allemagne à la limite de ses
capacités ». « Ce n’est pas tant le nombre des réfugiés que le
rythme de leur arrivée qui devient source de problèmes pour les lands et les
municipalités », a-t-il ajouté.
Et l’on apprend que l’Allemagne suspend aujourd’hui les accords de Schengen
et rétablit les contrôles frontaliers avec l’Autriche.

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