mardi 3 février 2015

DOUBS : LE PACTE REPUBLICAIN EST UNE INSULTE A LA REPUBLIQUE . PAR CH. VANNESTE


Homme politique
Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France
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« Le Doubs, c’est dur », doivent se dire les responsables de l’UMP après les résultats du 1er tour de l’élection législative partielle de ce dimanche.
Le Front national vire en tête à 32,60 %. 
Le PS, qui détenait le siège avec Pierre Moscovici, maintenant commissaire européen, arrive en seconde position avec 28,85 %. 
L’UMP, soutenue par L’UDI, est éliminée à 26,54 % pour n’avoir pas atteint le seuil de 12,5 % des électeurs inscrits. 
Il n’y aura donc pas de triangulaire dimanche prochain, mais un duel entre le FN et le PS.
Le FN était arrivé second au premier tour de 2012, et troisième au second tour. 
Sa première place signifie d’abord que son électorat s’est fidélisé et qu’il est le plus mobilisé, puisqu’il n’a perdu que 1.300 voix par rapport à 2012, tandis que 10.000 électeurs boudaient le PS. 
Il avait été dépassé au second tour par l’UMP grâce au « vote utile » d’électeurs de droite croyant avoir plus de chances de battre la gauche en votant pour ce parti. 
Ce réflexe déjà nettement en recul risque de disparaître, voire de s’inverser. 
Le parti de Marine Le Pen s’est en grande partie dédiabolisé au yeux des électeurs. Il lui reste du chemin à faire pour se crédibiliser en tant que parti de gouvernement. Pour transformer l’essai, le FN doit passer de la consolidation à l’attractivité. Une mobilisation au premier tour ne sert à rien si elle conduit tous les autres à se rassembler contre elle.


C’est évidemment le jeu du Parti socialiste. 
Une grave défaillance dans la sécurité nationale, dans la protection assurée aux Français, a eu pour effet paradoxal de créer un mouvement d’union nationale qui profite au pouvoir actuel. 
Fidèle à son trucage sémantique, le PS demande donc aux « républicains » de le soutenir contre le Front national. 
L’UDI a déjà entendu l’appel.
Si on cesse de prendre « républicain » pour un stimulus pavlovien et qu’on réfléchit sur le concept, on peut écarter l’utilisation malhonnête de ce mot. Si les termes de République et de nation ont pris ensemble leur essor dans les discours révolutionnaires au point d’être inséparables, ce n’est pas par hasard.

Le peuple souverain, c’est la nation, et sa forme juridique, c’est la République. 
L’idée d’une nation qui ne serait pas représentée par un État de droit est rejetée au même titre que les idées prétendument « républicaines » qui seraient contraires au bien commun de la nation. 
Si le Front national annonçait sa volonté d’instaurer une dictature, il ne serait pas républicain. Or, tel n’est pas le cas. 
En revanche, la tentative d’annexer la « République » à un parti pour exclure de celle-ci un autre parti et ses électeurs est une insulte à la République. 
Venant d’un parti qui, sur aucun plan, n’a su défendre les intérêts nationaux, avec notamment sa conception irresponsable de l’immigration, c’est aussi une insulte envers la nation. 
Cette double faute est logique puisque ces deux notions sont liées.

Reste l’UMP à laquelle j’ai appartenu. Ce malheureux parti est devenu, au fil du temps, une agence électorale pour placer des candidats. 
J’étais un gaulliste du RPR, plutôt conservateur comme beaucoup d’autres. 
J’ai assisté à la disparition, au sein de l’UMP, de toutes les valeurs qui m’avaient fait m’engager en politique. 
Cette formation propose seulement des candidats qui comptent se faire élire sur le rejet de la gauche et la peur du FN. 
Mais pour quoi faire ?

 Le vide sidéral de pensée du candidat UMP du Doubs, allant jusqu’à dire que c’était« les petits blonds qui l’emmerdaient », est révélateur. 

Ils vont donc décider en bureau, comme l’a dit avec son élocution embarrassée habituelle, le porte-parole du mouvement. 
Pourtant, le choix est clair. 
Aucun parti ne menace la République, mais le Parti socialiste mène depuis toujours une politique contraire à ce que de Gaulle appelait l’intérêt supérieur de la patrie. 
Si l’UMP avait fait plus tôt ce choix en dehors des discours du candidat Sarkozy aux élections présidentielles, nous n’en serions pas là.


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