Front National.« J’espère que
certains suppléants ne seront pas amenés à exercer »
Vannes (Breizh-info.com)
– Le Front National a peu d’élus (16) en Bretagne, mais à la
proportionnelle, il semble être le grand vainqueur sur le plan des
scénarios conflictuels et ubuesques, signe que le professionnalisme et l’unité
fréquemment affichés ne sont, à quelques exceptions près, que des façades
.
« L’affaire Grare » à Vannes
A Vannes, lors des
dernières élections municipales, deux élus sont entrés à la MAIRIE
: Bertrand
Iragne et Sophie Grare. Cette dernière a été priée de démissionner du
FN quelques mois seulement après son intronisation, avant d’en être exclu pour
des«comportements inapropriés et
incompatibles avec la ligne du parti» , selon Jean-Paul Félix, responsable de la fédération du Morbihan, sans
toutefois indiquer les faits concrets reprochés à l’adhérente.
Depuis, si Bertrand Iragne se démène seul afin d’agir en tant qu’opposant municipal au maire de Vannes, affirmant dans un communiqué que : « Madame Sophie Grare ne siège pas au conseil municipal de Vannes. En effet, ses absences sont si fréquentes, que je me suis résolu à penser que nous n’étions pas 45 mais 44 élus, il en est malheureusement de même pour les commissions ou elle brille par ses absences. Je puis vous ASSURER
Les choses en seraient
restées là si Mme Grave n’avait pas reçu une demande de renouvellement de
sa cotisation, émanant du siège du FN, alors qu’elle était pourtant exclue du
parti. Une lettre qui aura permis à Mme Grave de
tacler médiatiquement le parti qui l’avait amené à la mairie de Vannes. Un tacle auquel
Bertrand Iragne a répondu immédiatement en précisant : « Le Front National ne COMPTE
pas moins de 75 000 adhérents et sympathisants, qui à
chaque date d’anniversaire reçoivent « automatiquement » un courrier de ré
adhésion. L’automaticité de cet envoi ne justifie en rien que Mme Grare
puisse penser quelle fasse encore parti du Front National. Et si elle envoyait
un quelconque règlement d’adhésion, elle recevrait en retour un courrier
de refus.» avant de conclure le communiqué par cette citation de Diane de Beausacq : « La bêtise ne comprend pas ; la sottise comprend de travers. ».Ambiance
.
« L’affaire Bergeron » à Lorient
On se souvient
du cas de Joëlle Bergeron, élue municipal de Lorient, 2ème sur la liste
Front National menée par Gilles Lebreton aux dernières élections européennes et
élue députée Européen grâce au 19,31% du parti.
Cette dernière avait été priée par la DIRECTION
du FN de démissionner et de laisser sa place au Parlement européen au 3ème
de liste, Gilles Pennelle, chose qu’elle avait refusé de faire,préférant
siéger notamment aux côtés de l’UKIP de
Nigel Farage.
Cette dernière avait été priée par la DIRECTION
Elle avait vivement dénoncé les méthodes employées par la direction du FN pour la faire partir – des méthodes que Marine Le Pen en personne a nié avoir utilisé mais que beaucoup d’anciens membres ou cadres frontistes reconnaissent pour en avoir été victimes sur les 25 dernières années. Selon l’entourage de l’élue Lorientaise, M. Pennelle l’aurait même appelé dès le soir de l’élection européenne pour lui demander de se retirer immédiatement, «comme prévu».
Marine Le Pen avait réclamé officiellement la démission de l’élue en réponse à une prise de position de Mme Bergeron en faveur du droit de vote des étrangers – que nous avions relayé, avant que cette dernière explique s’être mal exprimé et avoir voulu parler uniquement des membres de l’Union Européenne.
Du côté de la DIRECTION
régionale du Front National – qui travaille sans la Loire Atlantique dans
ses réunions – les responsables affirment qu’à quelques mois des élections
départementales, tout va pour le mieux au sein du parti et de la fédération
La base électorale se
soucie effectivement peu de ces affaires. La base militante, quant à elle,
obéit, non sans frustration pour une partie d’entre elles : « honnêtement, j’espère que certains suppléants ne seront pas
amenés à exercer des fonctions départementales. On ne peut pas vouloir être un
grand parti politique – le 1er de France – et placer des personnes totalement
incompétentes pour des élections.» nous confie un adhérent, déjà en campagne
pour les élections départementales bien que désabusé. « Ils auraient mieux fait de ne pas chercher à présenter de
candidats partout, certaines têtes de listes ne pourraient pas tenir, ni même
comprendre un débat sur les compétences des conseils généraux. ». Ce militant chevronné
– issu d’autres mouvements politiques, ne comprend pas la stratégie actuelle du
parti : « en Bretagne, des types comme
Pennelle, Blanchard, Iragne, sont des personnes compétentes. Mais on a
l’impression qu’elles sont écrasées par la direction centrale du parti.
Regardez à Quimper contre la mosquée : interdiction de bouger, demande émanant
du siège. Il faut faire preuve d’un peu plus d’indépendance. La discipline, ça
n’est pas obéir aveuglément à des arrivistes.»
Quand on l’interroge sur
les affaires de Vannes, de Lorient, il rigole : « quand à Vannes, vous mettez en position éligible des
personnes inconnues et qui viennent d’entrer dans un parti , il ne
faut pas s’étonner ensuite de possibles conséquences comme celles-ci.
Concernant Lorient, ça n’est rien cette histoire, ça se voit que vous n’avez
pas SUIVI
la guerre après la scission Le Pen – Megret. C’est une tradition dans
ce parti. »
Alors quand on lui
demande pourquoi, malgré toutes ces critiques assez virulents, il reste au FN,
il nous répond : « Je suis adhérent car si personne
ne s’oppose aux idées de Florian Philippot à l’intérieur même du parti, alors
le FN non seulement ne changera en rien le système, mais en plus bloquera toute
opposition émergente, plus radicale. »
Avec ce qui est
désormais nommé « L’affaire
Chauprade – Marine Le Pen » , dans laquelle la
présidente du FN a servi sur un plateau la soupe médiatique au «Petit journal»
de Canal + qui a carrément fait un appel aux associations à porter plainte
contre l’auteur de«Chronique du choc des civilisations», les divergences de
point de vue apparaissent encore plus au grand jour, entre une ligne Marine Le
Pen – Florian Philippot – Louis Alliot, et une ligne plus radicale, plus
traditionnelle, Jean-Marie Le Pen (qui a rappelé que son parti n’était pas
stalinien), Marion Le Pen, Aymeric Chauprade ou encore Julien Rochedy.
Avantage pour l’instant à Marine Le Pen et à ses
partisans. En attendant les prochaines échéances électorales …
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