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| Pierre Kupferman |
EXCLUSIF Louis Aliot, le numéro 2 du parti présidé par Marine Le Pen, a
discrètement déposé ce nom à l’INPI en janvier dernier.
Après avoir fait disparaître la flamme
tricolore et le nom de son parti sur les affiches
électorales utilisées lors de la campagne
présidentielle, Marine Le Pen osera-t-elle affronter
l’ire
paternelle en mettant sous le boisseau les
attributs du Front National canal historique ? Pour
les législatives, ses proches ont déjà
assuré ces derniers jours que le FN créerait une nouvelle
bannière "Rassemblement bleu
marine" derrière laquelle pourraient se réunir des candidats
n’appartenant pas au parti. Un premier pas
avant de rebaptiser définitivement le parti ?
Jean-Marie Le Pen y est résolument hostile. Ce lundi
encore, le fondateur
du FN a redit son opposition à tout
changement de nom : "On fonde un autre
parti quand on
a fait faillite, pas quand on a du succès !". Mais sa fille
sait aussi que pour faire venir à elle des personnalités
venues d’autres
horizons, un changement de label peut
être utile. Depuis plus d’un demi-siècle,
les partis,
notamment à droite de l’échiquier, ont souvent changé
de nom à
l’occasion d’un changement de chef. Pour
rassembler les autres partis de la
droite traditionnelle,
le RPR a ainsi été rebaptisé UMP sous l’égide de
Jacques Chirac.
Jean-Marie Le Pen a mené campagne en 1986 en prônant
le rassemblement national
Marine Le Pen est donc tentée de suivre une stratégie
comparable pour
rassembler derrière elle les déçus de
l’UMP, du moins ceux qui, après une
éventuelle défaite
de Nicolas Sarkozy, seraient tentés de la rejoindre. Mais
aussi les nouveaux électeurs, notamment les jeunes, qui
ne se reconnaissent
dans aucune mouvance politique
mais que l’étiquette Front National gêne.
Le nom choisi pour opérer cette mue reste un secret
bien gardé. Sauf que
pour protéger la nouvelle marque
qu’il souhaite promouvoir, le numéro 2 du
parti a décidé
de la déposer à l’INPI (institut national de la propriété
industrielle). Le 12 janvier dernier, en toute discrétion,
Louis Aliot, a
déposé le nom "Alliance pour un
rassemblement national". Une
dénomination qui a le
mérite de mettre Jean-Marie Le Pen devant ses
responsabilités. En 1986, le fondateur du FN avait mené
campagne sous la
bannière "rassemblement national"
lors des élections législatives de
1986.
Le site internet "rassemblementnational.fr"
appartient à
un proche de Vanneste
Simple coïncidence ou action concertée ? Le site
rassemblementnational.fr
a, lui, fait l’objet d’un dépôt
officiel le 30 mars dernier. Son propriétaire
n’est pas un
proche du FN. Il s’agit de François Vaute, un proche du
député du
Nord Christian Vanneste qui s’est fait élire le
mois dernier Président du Rassemblement pour la
France (RPF) après que l’UMP
eut décidé de lui retirer
son investiture pour les législatives.
C’est, officiellement, sous les couleurs du mouvement
présente, lui, en juin prochain, dans la 5e
circonscription du Vaucluse contre le candidat officiel
de l’UMP, Julien Auber.
Interrogé par Challenges, ce
dissident, désigné
porte-parole du RPF, assure avoir
déposé son nom de domaine sans savoir que le FN avait
préempté la marque. "Le RPF a
vocation a être vis à vis
des militants ce que la droite populaire est au
niveau
des élus. Nous sommes pour la politique de la main
tendue de la droite
républicaine avec la droite
nationale". Une alliance qui ne sera pas pour
déplaire à
Marine Le Pen.
NDLR : CHRISTIAN VANNESTE A TOUJOURS REFUSE LA MAIN TENDU, D'ABORD PAR LE FN PUIS PAR LE PDF POUR LES ELECTIONS MUNICIPALES A TOURCOING, LAISSANT LIBRE CHAMP AUX SOCIALISTES


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