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LaFrance des Arts vient de perdre l’un de ses représentants les plushéroïques ce mercredi matin. A l’âge de 83 ans, Pierre Schoendoerffernous a quittés des suites d’une opération à l’hôpital Percy à Clamart.Son fils, le réalisateur Frédéric Schoendoerffer, est notamment l’auteurdu remarquable Scènes de Crime (2000).
Cinéaste,romancier ou reporter de guerre, le natif de Chamalières (Puy-de-Dôme)n’a jamais quitté ses combats. D’abord marin, il rejoint Dien Bien Phudurant la Guerre d’Indochine où il est engagé au servicecinématographique de l’armée. Là-bas, ce ne sont pas les gradés qu’ilfixe sur pellicule, mais les soldats, empêtrés dans une guerre horrible.Fait prisonnier, puis libéré, il rentre en France avec l’étiquette d’undéfenseur du colonialisme parce qu’il s’était engagé dans une guerrequ’il était bon de fuir. S’ensuivent les indépendances en Afrique duNord, où il se fera journaliste et observateur attentif.
Trèsvite, il décide de soumettre ses interrogations au public. En 1958paraît son premier film de fiction, réalisé avec Jacques Dupont d’aprèsun scénario et des dialogues signés par Joseph Kessel. Les trois hommesont beaucoup en commun, dont le goût de l’aventure et un œil accompagnéd’une parole pour observer et décrire la misère humaine. Après La Passe du Diable sortent Ramuntcho et Pêcheur d’Islande (1959), adaptés d’un autre grand voyageur, Pierre Loti.
Dans les années 1960, Pierre Schoendoerffer se fait romancier à succès. Après La 317e section (1963), L’Adieu au Roi (1969) obtient le Prix Interallié, puis Le Crabe-tambour(1976) le Grand Prix de l’Académie Française. Mais il n’en oublie paspour autant le cinéma. Adaptant ses romans, il plonge ses acteurs dansdes conditions de tournage « réelles » – quatre semaines de bivouacs auCambodge pour ses interprètes tels Jacques Perrin et Bruno Cremer pour La 317e section (1965), sept sur un navire de guerre dans l’Atlantique nord pour Le Crabe-tambour,toujours avec Jacques Perrin mais aussi Jean Rochefort, Claude Rich etautres. Là encore, le succès est au rendez-vous puisqu’il obtient lePrix du scénario à Cannes pour le premier, et trois Césars pour lesecond.
La postérité retiendra également que Pierre Schoendoerffer obtint un Oscar du Meilleur film documentaire pour La Section Andersonréalisé en 1967 avec Dominique Merlin. On se souviendra également queFrancis Ford Coppola et Oliver Stone se réclamèrent de lui pour leursœuvres acclamées sur la Guerre du Vietnam que furent Apocalypse Now et Platoon.Plus que le cinéaste de la guerre, ce grand baroudeur restera dans nosmémoires comme le réalisateur qui fuyait les décors artificiels.
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